Trois piliers, trois façons de vaciller
Le psychiatre Christophe André, avec son confrère François Lelord, décrit l'estime de soi comme un édifice qui repose sur trois piliers : l'amour de soi, la vision de soi et la confiance en soi. J'aime ce modèle parce qu'il évite de mettre tout le monde dans le même sac. On ne doute pas tous de la même manière, et le chemin change selon l'endroit où l'édifice se fragilise.
L'amour de soi
C'est le plus déterminant des trois piliers : la valeur que l'on s'accorde sans avoir à la mériter ni à la prouver. Quand cet amour est fragile, on cherche dans le regard des autres la preuve qu'on a le droit d'être là. On dit oui alors qu'on pense non. On se parle avec des mots qu'on n'oserait jamais adresser à quelqu'un qu'on aime.
En thérapie, mon accompagnement ne vise pas à vous convaincre de votre valeur : cela ne fonctionne pas, les meilleurs arguments glissent sur les doutes. Nous commençons par écouter cette voix intérieure qui juge, pour comprendre son intention. Derrière elle se tient souvent une part de vous plus fragile, blessée. C'est cette part que nous apprenons à rencontrer, dans un espace sécurisant où la voix qui juge comme la part blessée peuvent être écoutées et accueillies, sans rien avoir à prouver. Cette expérience est déjà, en soi, transformatrice.
La vision de soi
C'est le regard que l'on porte sur ce que l'on est : ses qualités, ses limites, ses possibilités. Quand il est abîmé, les phrases deviennent définitives : « je suis nul », « je ne suis pas quelqu'un qui… ». On ne retient que ce qui ne va pas, on se compare, on se sent imposteur.
Nous explorons alors d'où viennent ces certitudes. Je peux vous proposer d'y mettre des images (« quand vous dites que vous vous sentez petit, ce petit, c'est comme quoi ? »), sans rien orienter, pour que le sens vienne de vous et non de moi. Peu à peu, ces phrases perdent leur statut de vérité et redeviennent ce qu'elles sont : des pensées, avec lesquelles on peut vivre sans être défini par elles.
La confiance en soi
C'est la conviction que l'on peut agir et faire face, même quand c'est nouveau ou inconfortable. Elle se construit dans l'expérience, pas dans le discours. Quand elle manque, on évite, on remet à plus tard, on prépare à l'excès pour ne pas se tromper.
Ici, le travail est plus tourné vers le mouvement. Nous cherchons d'abord ce qui compte vraiment pour vous, et les valeurs que cela touche. Je vous propose ensuite de ressentir ce que ce serait d'avoir franchi telle ou telle étape, puis nous regardons ensemble les obstacles possibles et les petits pas réalistes.
La confiance a aussi un corps : une posture, un souffle, une manière d'occuper l'espace. Je peux vous inviter à sentir comment le manque de légitimité s'exprime physiquement, et à faire l'expérience d'un ancrage différent. L'hypnose peut aussi aider à retrouver, de l'intérieur, des moments où vous vous êtes senti solide, pour en faire une ressource vivante plutôt qu'un souvenir lointain.
Comment les piliers se tiennent entre eux
On peut avoir une grande confiance dans ses compétences et douter profondément de sa valeur : on réussit alors sans cesse pour se prouver quelque chose, et chaque échec devient un verdict. À l'inverse, on peut se sentir digne d'être aimé et ne rien oser. Une vision de soi trop dure abîme les deux autres piliers. Pour moi, il ne s'agit pas de « gonfler » votre estime : une estime saine tolère l'imperfection. Elle vous permet de vous tromper sans vous perdre.
Ma façon de vous accompagner
Je travaille dans une approche humaniste et intégrative, à votre rythme. Selon ce qui se présente en séance, ma posture peut tour à tour privilégier la présence et l'écoute, ou le guidage. Il n'y a pas de méthode unique appliquée à tout le monde : je m'ajuste à ce que vous apportez, avec les outils qui font sens pour vous.
Ce qui change, peu à peu
Le dialogue intérieur s'adoucit. Une critique ou un échec se traversent sans que tout s'effondre. Il devient possible de dire non, de demander, de se lancer. Votre valeur dépend moins du regard des autres, et vous vous sentez plus souvent à votre place.